Accueil

Le rouissoir, ou poullin, de Lanhalla

( Commune de Plouarzel )








Le terme de "rouissoir" vient du verbe rouir, une opération intervenant dans le traitement du lin. Le mot "poullin" ( ou poul-lin ) en breton est plus expressif puisqu'il veut dire "bassin à lin". Celui de Lanhalla fait l'objet d'un fléchage ainsi que d'un panneau d'interprétation installé par la Communauté de communes grâce au concours de l'association Tre Arzh de Plouarzel


Conception: Com1nom@de et Jézéquel Publicité 2015

Accès : A partir de Plouarzel, suivre la D28 en direction de Brélès. A 3,5 km du bourg, tourner à droite ( fléchage Lanhalla ). Dépasser le colombier que l'on voit sur la gauche et stationner en bordure du large chemin qui mène, à droite, au rouissoir situé à une centaine de mètres.

GPS du stationnement : 48°27'28.9 N 4°43'50.8 W

  Au premier abord, on peut prendre ce grand bassin pour un lavoir. Enfoui complètement dans la végétation, il a été défriché par les adhérents de l'association Tre Arzh. Cependant il ne dispose d'aucun pourtour dallé destiné à d'éventuelles lavandières. Ce n'est qu'un bassin entouré d'un muret constitué de grosses pierres.



  Une source naturelle l'alimente et on peut observer qu'une vanne rudimentaire constituée d'une pierre permet de contrôler le niveau de l'eau.





Pour comprendre l'intérêt de ce bassin, il faut savoir que pendant des siècles la culture du lin était très répandue en Bretagne. Parmi toutes les plantes textiles du monde, cette plante est la première qui ait été exploitée par l'homme. Ses tiges, après traitement, fournissent du fil pour fabriquer de la toile et du tissu, de la filasse et de l'étoupe, tandis que ses graines écrasées donnent de l'huile utilisée dans les savonneries et pour confectionner les peintures. Jusqu'à ce que les textiles synthétiques le détrônent, le lin couvrait la Bretagne d'une belle couleur bleue lorsqu'il était en fleur pendant quelques jours seulement au mois de juin.



  A la fin août, les tiges ayant atteint de 60 cm à 1m deviennent sèches. On les coupe alors et on les étend sur le sol afin qu'elles s'imprègnent d'humidité et que les micro-organismes commencent à en détacher les fibres. On peut aussi accélérer ce processus en faisant tremper quelques jours les tiges dans l'eau. Cela nécessite de disposer d'un grand bassin, le rouissoir.



 Après avoir séjourné dans ce poullin, le lin subissait le teillage pour séparer les fibres du bois. Selon la longueur des tiges on obtenait alors la filasse destinée à la production de fil pour tisser les voiles et les draps, ou l'étoupe utilisée pour faire de la pâte à papier ou encore pour calfater la coque des bateaux. 1 hectare de culture peut donner 30 quintaux de filasse et 15 quintaux de graines.

Aujourd'hui, même si la culture du lin connaît une légère progression, on n'utilise plus de rouissoirs dans la campagne. Celui de Lanhalla est donc un témoignage d'une activité qui fut, sans jeu de mots, particulièrement florissante et qui ne doit pas être oubliée.

Yannick Loukianoff

EN SAVOIR PLUS



On peut trouver des informations très détaillées sur le lin, sa culture et ses différentes transformations en consultant le site Wikipédia qui y a consacré toute une étude.

QR code de cette page :



Télécharger ce flashcode

Patrimoine civil du Pays d'Iroise

Retour à l'accueil

Plan du site