Accès :
En entrant dans Ploudalmézeau par la D168, continuer jusqu'à l'église et suivre la rue Henri de Provostic dans la direction de Portsall. Puis à droite la rue Joseph Lusven en direction du Conquet par la côte. Stationner sur la grande place. La stèle se trouve en bordure de la rue Lusven, près de l'angle du collège St-Joseph.
Des monuments anciens, nombreux et méconnus.
Voir notre page consacrée aux stèles gauloises du Second Âge du fer.

Photo YL 2016
C'est une belle stèle haute de près de 2 m, l'une des plus hautes du Pays d'Iroise. L'un de nos internautes a retrouvé un article datant de 1931 indiquant l'implantation de la stèle à cet emplacement.
Journal La Dépêche de Brest du 1er décembre 1931, page 4
Malheureusemnt, rien n'indique son emplacement précédent. Comme beaucoup de stèles gauloises, celle-ci a subi plusieurs déplacements successifs, et en a subi encore un en 2023, ainsi qu'on va le voir plus loin.
Sa forme est un tronc de pyramide dont les pans ont été coupés. On remarquera que ces pans sont particulièrement étroits et érodés. A son pied, la stèle s'élargit montrant le début de son embase.
Les faces Nord et Sud font toutes deux 0,75 m de largeur à la base et 0,37 m au sommet. Les faces Est et Ouest, légèrement plus petites, font 0,60 m et 0,30 m aux mêmes emplacements.
Au bas de la face Sud, vers la rue, on distingue une gravure indiquant que cette stèle gauloise a été christianisée.
Dessin d'Etienne MOREL, 1926
Deux lignes obliques sont surmontées d'une autre horizontale. A l'extrémité de celle-ci on reconnaît une croix légèrement pattée aux branches égales faisant penser à celle de la stèle du Cimetière des Saints à Lanrivoaré.
La croix n'apparaît que selon la direction de la lumière
Photo 2016
Il est vraisemblable que la gravure de cette croix date de la même époque que celle de Lanrivoaré, c'est-à-dire entre le VIe et le IXe siècle. Elle pourrait donc être contemporaine de l'évangélisation de l'Armorique qui a suivi le débarquement des populations celtes venant des îles Britanniques.
Ce petit monument discret de notre patrimoine constituerait ainsi un témoignage précieux de deux époques importantes de notre histoire, vieilles l'une de 2500 ans et l'autre de 1400 ans environ. Il mérite donc d'être particulièrement respecté.
Photo 2016
Juillet 2023 : La stèle, abattue pour travaux, git sur le talus de la place, montrant intégralement son embase. A son sommet, on distingue une petite cavité qui a pu servir à fixer une croix.
Photos 2023
Octobre 2023 : La stèle a été remise en place, mais est enterrée plus profondément, d'une trentaine de centimètres. On a du mal à distinguer ses gravures qui se trouvent maintenant au ras du sol.
Le dessin de l'archéologue Etienne MOREL est extrait de «Les stèles de l'âge du fer dans le Léon», de Marie-Yvane DAIRE et Pierre-Roland GIOT, Rennes, 1989.



