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Plantes invasives du Pays d'Iroise

L'herbe de la pampa





   Avec son port majestueux et ses jolis plumets blancs qui se balancent au vent, résistante à la sécheresse, cette plante originaire d'Amérique du Sud constitue la végétation idéale pour orner un massif dans un jardin. Certaines communes lui ont même réservé une place prépondérante sur un rond-point ou encore en bordure d'allée piétonne. Regardez bien, vous la voyez partout. Elle est en effet très décorative comme ci-dessous en haie pour cacher le mur de la rue.


Le Conquet

   De plus sa croissance très rapide est appéciée des jardiniers amateurs qui recherchent un effet pour ainsi dire immédiat.



   Cependant il est avéré que les asthmatiques peuvent être très sensibles au pollen de cette plante.

Mais elle est surtout la source d'un autre ennui.


Porspoder

   Cet ennui, ce sont ses graines que les jolis plumets vont offrir au vent. Un vent qui va les emporter au loin, parfois à des dizaines de kilomètres tant elles sont légères. Chaque plant fournit environ dix millions de graines ! Ces poussières minuscules vont s'empresser d'aller germer chez le voisin sans doute, mais aussi dans la nature, loin du jardin ou du rond-point dont elles se sont échappées.


Le Conquet, route touristique

   Ainsi se forment très silencieusement dans les prés, dans les vallons, même au bord des routes, de nouvelles colonies d'herbes de la pampa tout aussi prolifiques, dont la multiplication rapide va entraîner immanquablement une modification de la végétation environnante. Les endroits un peu isolés, à l'abri des interventions humaines, deviennent vite de nouveaux nids de concentration à partir desquels la plante américaine va de nouveau se répandre au détriment de la végétation autochtone. Comme elle affectionne les terrains récemment remués, les remblais, on la voit fréquemment coloniser les talus le long des voies ferrées ou des autoroutes, particulièrement dans les régions au climat doux comme dans les Pyrénées Atlantiques où elle est si répandue qu'elle n'a plus rien d'une plante originale décorative. Est-ce un effet du réchauffement climatique ? On la voit maintenant se développer rapidement le long des côtes bretonnes.


Le Conquet:  sentier côtier entre Porsliogan et Le Bilou.
Cette forêt d'herbes de la pampa n'existait pas en 2014.
et risquait fort de coloniser tout le secteur.
Photos septembre 2015 .




   Pour éviter cette dissémination incroyable des graines, il faut évidemment couper les plumets avant leur maturation qui a lieu en automne. Cependant cette intervention n'est pas facile à faire appliquer car en pleine nature personne ne s'en préoccupe vraiment et dans les jardins comment l'expliquer aux propriétaires qui ont effectué ces plantations justement pour la beauté de ces jolis plumets ? Chacun de nous est tenté de les conserver, sans même envisager les conséquences sur le jardin voisin et l'environnement. On ferme les yeux et on laisse faire... le vent.


Brélès:  courbés par le vent et la pluie,
ces plumets semblent ne pas pouvoir se remettre des intempéries.
Détrompez-vous, au premier rayon de soleil ils vont se redresser,
finir de mûrir, et offrir leurs graines microscopiques au vent.
La plante, extrêmemnt résistante, les a créés dans ce but.


   C'est donc ainsi qu'une plante ornementale finit par devenir une vraie peste botanique extrêmement envahissante qu'il devient chaque année de plus en plus difficile d'éradiquer.
  Vous avez chez vous cette herbe de la pampa. Pour protéger notre environnement, par hasard, vous n'auriez pas aussi un sécateur ? Mais prenez quelques précautions en venant couper les plumets à la fin de l'été : les bords des feuilles sont aussi coupants que des lames de rasoir. C'est peut-être une raison supplémentaire, si vous avez des enfants, pour débarrasser définitivement votre jardin de cette plante invasive.

Yannick Loukianoff


Toutes les photos ont été prises en septembre 2015. Depuis cette date, des interventions ont été effectuées, notamment au Conquet, dans le but de limiter l'extension de cette plante.

EN SAVOIR PLUS




Serge MULLER : "Plantes invasives en France"
Ed. Museum d'Histoire Naturelle 2006


Sur internet :
Conservatoire Botanique

Voir le site du Conservatoire Botanique National de Brest
dont nous avons extrait les conseils d'éradication ci-dessous :

Méthodes de contrôle ou d'éradication

Il existe plusieurs moyens de lutte contre l'expansion de l'herbe de la pampa :
 - La coupe des tiges florales doit être envisagée systématiquement avant la dissémination des graines.
  - Selon l'ampleur du problème, un traitement mécanique plus ou moins lourd doit être envisagé en vue d'un arrachage des touffes. Les engins utilisés vont de la débroussailleuse au tracto-pelle. Cette technique est efficace, surtout lorsqu'on l'utilise suffisamment en amont, car elle permet de limiter la dissémination des graines dans les milieux naturels.
 -  Le traitement chimique a localement été employé ( les herbicides les plus couramment utilisés sont à base de glyphosate ). Cependant, Le Conseil général du Finistère souhaite proscrire l'usage des produits phytosanitaires en raison des risques pour l'environnement et la santé.
 -  L'information et la sensibilisation constituent un axe stratégique majeur dans la lutte contre cette espèce. Les actions d'éradication doivent en effet être accompagnées d'une action plus large de sensibilisation en vue de limiter, ou mieux d'interdire, l'utilisation de cette espèce en périphérie des espaces naturels ainsi que le long des routes, ronds-points ou espaces verts des collectivités. Cette phase d'information du public, des administrations et des acteurs économiques ( pépiniéristes, paysagistes, gestionnaires d'espaces naturels ) doit permettre d'informer la population du caractère invasif de cette espèce et des nuisances qu'elle engendre aussi bien au plan écologique qu'au plan de la santé publique. Un arrêté ministériel visant à interdire la diffusion de l'herbe de la pampa est en cours d'élaboration.


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