La chapelle Saint-Eloi

( Commune de Plouarzel )


( Attention à la marche au milieu de la nef )



Ouverte tous les jours en saison ainsi que lors du Pardon et des animations

GPS : 48°27'23.0 N  4°42'28.9 W





Accès:
  Depuis Le Conquet, sur la D 28, traverser le bourg de Plouarzel vers Brélès. Après le virage à gauche de l'église, quitter la D 28 et prendre à droite la rue fléchée St-Eloi. Au stop, prendre en face et continuer sur cette route pendant 3 km. L'entrée de l'allée menant à la chapelle se situe presque au bas de la descente, sur la droite.

  Depuis St-Renan, prendre la D 27 vers Brélès. A 7 km, tourner à gauche vers Plouarzel. A 1,5 km, traverser le hameau de St-Eloi et stationner dès le début de la remontée de la route. L'allée de la chapelle est à gauche.




  Cette chapelle est située dans un cadre idyllique qui domine l'Ildut. Il y a là une source, un calvaire et la chapelle elle-même dont le mur-clocher est flanqué d'un abri à offrandes doté d'une table et d'un banc en granit. La construction date du XIXe siècle mais a remplacé un ancien édifice du XVIe. Située à l'origine dans une propriété privée, elle a été donnée à la Fabrique ( conseil paroissial ) en 1837. En 1855, c'est la fontaine qui fit l'objet d'un don analogue.



A l'entrée du site, le panneau apposé par la Communauté de communes indique que ce lieu est dédié à Saint Eloi, protecteur des chevaux. Et en effet, la statue de Saint Eloi trône sur la façade de l'édifice, au-dessus du portail. Coiffé d'une mitre d'évêque, le prélat tient en ses mains la pince et le marteau, attributs d'un maréchal-ferrant.





  Cependant, à l'intérieur, la statuette en bois verni du saint protecteur des chevaux, portant les mêmes attributs, est désignée sous le nom de Saint Alar. Enfin, pendant très longtemps, la chapelle elle-même portait le nom de Saint-Alar.


Dessin de M. Simon, Quimper, 1940
Extrait de Chanoine Henri Pérennès : "Les chapelles de Plouarzel", Langonnet, 1940.


Saint Eloi ou Saint Alar ?

    Ce sont en fait deux saints différents. L'un et l'autre sont dits protecteurs des chevaux. La prononciation des prénoms étant proche, manifestement, il y a confusion entre les deux personnages.
Ils ont pourtant connu des époques différentes.

 Le plus ancien, Saint Alar, originaire de Cornouaille, a vécu à la fin de l'empire romain, au moment des Grandes invasions. Il fut sans doute le troisième évêque de Quimper. On ne sait pas grand chose de lui, sinon qu'il est mort en 462, quelques années avant la naissance de Clovis. La tradition rapporte que, à cheval et poursuivi par des brigands, il aurait réussi à leur échapper en faisant sauter sa monture d'une rive à l'autre de l'Odet au lieu-dit Stang-Alar ( la vallée d'Alar ). On retrouve aussi cette appellation à Brest.

 Saint Eloi, par contre, est bien connu, non seulement par la chanson "Le bon roi Dagobert", mais aussi par l'histoire : ouvrier orfèvre venant du Limousin, il a vécu deux siècles après Saint Alar et s'est fait connaître du roi mérovingien Clotaire II par son habileté et surtout par sa grande probité et sa foi. Devenu son conseiller puis grand trésorier du roi Dagobert 1er, il a beaucoup voyagé, et notamment en Bretagne où il a rencontré le roi Judicaël. Ordonné prêtre, il a fondé plusieurs monastères et est mort évêque de Noyon en 660. Naturellement patron des orfèvres, Saint Eloi l'est de tous les travailleurs des métaux, donc aussi des maréchaux-ferrants. Du reste son lien avec les chevaux est rapporté par son ami Saint Ouen qui, dans Vita Eligii ( "La vie d'Eloi" ) indique que son cheval se mettait à boîter lorsqu'il n'était pas monté par son maître.
En Bretagne, depuis le moyen-âge on confond ces deux saints que les statues représentent souvent accompagnés d'un cheval et de la crosse épiscopale.




Le pardon des chevaux

Chaque année, le dernier dimanche de juin, le "pardon des chevaux" attire à la chapelle St-Eloi de nombreux fidèles.



  Devant l'assistance, chevaux et cavaliers doivent effectuer plusieurs tours de la chapelle et leur propriétaire déposer une offrande dans l'aubette de la façade. Puis ils se rendent à la source où les chevaux reçoivent sur le col et sur la croupe une écuelle de son eau.






Saint Martin, à cheval, déchire un pan de son manteau pour l'offrir à un pauvre.
Bas-relief du XVe siècle, inscrit aux Monuments Historiques en 1989


Enfin ils doivent effectuer le lamm Sant Alar, ou saut de Saint Alar par-dessus le ruisseau. Alors que pour un humain ce franchissement s'effectue aisément d'un seul pas, il n'est pas évident pour le cheval qui doit effectuer ce bond.







Sainte Brigitte, à laquelle est dédiée cette fontaine, attribue, paraît-il, une généreuse descendance aux montures ayant triomphalement accompli leur saut.

Et grâce aux pardons annuels, il est réconfortant de voir que cette tradition, qui puise ses racines dans la nuit des temps, perdure encore de nos jours de manière bien vivante.

Yannick Loukianoff

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