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L'église Notre-Dame de Lanvénec

( Commune de Locmaria-Plouzané )





GPS : 48°22'29.5 N   4°38'34.9 W




L'église et son enclos

Accès: Locmaria-Plouzané, alias Lanvénec, est une commune distincte de Plouzané, située à 2 km au nord de la route reliant Brest au Conquet. Venant de Brest, quitter la route du Conquet au niveau de l'échangeur vers Locmaria-Plouzané/Trégana ( panneaux ) ou de Kerfily.
Stationner près de l'église dans le grand parking dont l'entrée se fait entre deux pierres christianisées
1.

    Incluse dans un enclos, l'église est entourée des tombes du cimetière. C'est un bâtiment en forme de croix latine, doté d'un chevet à pans coupés. Il date de 1769 et a été construit par Saffrey, entrepreneur du roi au port de Brest. A cette époque, Locmaria-Plouzané n'étant qu'une trève de la paroisse de Plouzané, les travaux furent menés sous la direction de Jean-Claude Inizan, recteur de Plouzané.


Clocher

Le clocher encastré comporte deux galeries donnant chacune sur une chambre de cloches. La seconde galerie est ornée à chaque angle d'un pilastre maintenu par un arc-boutant. Une flèche ajourée à crochets, de section octogonale et encadrée de quatre pilastres termine la construction.


Canons

On remarquera que, comme sur plusieurs autres clochers des environs, des canons de pierre sont placés sous la seconde galerie.
( Les canons d'Iroise )


Façade

Le portail principal est encadré de deux contreforts construits en 1773. Il ne comporte aucune ornementation. A gauche, on remarquera cependant, dans une niche, une ancienne Pietà du XVe siècle en pierre de kersanton. Elle pourrait provenir de la précédente église.


Pietà
A gauche, un petit personnage non identifié
semble veiller sur la Vierge et le Christ.



La nef :

    On pénètre dans l'édifice, à droite, par une porte latérale. La nef, dont la voûte est lambrissée, est dépourvue de bas-côtés.


La nef

La nef

Il faut s'approcher du portail principal pour découvrir les très beaux fonts baptismaux.


Les fonts baptismaux

Les fonts baptismaux

Derrière de superbes colonnes sculptées, rehaussées de dorures, et une balustrade de bois où l'artisan Jacques Jac a gravé la date de 1675, trône une jolie cuve octogonale en kersanton. Ses faces représentent en bas-relief un Ecce Homo ainsi que les Evangélistes. On peut lire à l'arrière sa date de fabrication : 1530.


Les fonts baptismaux


Sur les murs de la nef figurent les stations d'un chemin de croix...

Chemin de croix

...ainsi qu'une énigmatique statue en kersanton représentant un saint non identifié tenant un livre. Peut-être un Evangéliste ? Peut-être Saint Sané ? Selon la tradition locale, ce moine irlandais aurait débarqué à Plougonvelin au Ve siècle, avec quelques compagnons, sur la plage de Perzell, au bas de la pointe de Bertheaume. Il aurait converti en sanctuaires chrétiens les temples païens de la forêt de Lucos, à l'emplacement même de l'église actuelle de Locmaria-Plouzané. Pendant des siècles, cette forêt, sous le nom de Bois de la Grâce, Coat at Ch'ras, servit de refuge à tous ceux qui étaient pourchassés. Les deux menhirs christianisés du parking auraient marqué l'entrée de la forêt. Saint Sané est aussi le patron de la ville de Plouzané au centre de laquelle il aurait fait jaillir une source. Il serait mort en ermite vers 485. Cette statue, qui provient du cimetière, a été replacée dans la nef.

Saint inconnu

En bois polychrome, la statue de Saint Méen ci-dessous date vraisemblablement du XVIIe siècle. Elle a été retrouvée au cours de travaux, enfouie dans le sol de la nef.

Saint Méen

Comme Saint Samson dont la tradition veut qu'il ait été l'un des disciples, Saint Méen était un moine originaire du Pays de Galles et implanté au VIe siècle à Dol. Ayant bénéficié d'un don important de terres en centre Armorique, il y fit construire un monastère sur l'actuelle commune de St-Méen-le-Grand. Il est réputé guérir la lèpre et les maladies de peau.


Les vitraux de la nef ne sont pas signés. Ils paraissent provenir d'un atelier de maître-verrier différent de ceux du transept et du chœur et datent du début du XXe siècle.



St Eloi
Saint Eloi, protecteur des chevaux
St Herbot
Saint Herbot, protecteur des bêtes à cornes


Ste Jeanne d'Arc
Sainte Jeanne d'Arc entendant ses voix
Ste Thérèse
Sainte Thérèse de Lisieux



Le chœur :

Le chœur

    Un bel autel sculpté se dresse au milieu du chœur.

L'autel

    Ses panneaux sculptés qui ont été récupérés sur l'ancienne chaire à prêcher rappellent la légende de Saint Sané. On le voit à gauche baptisant un nouveau converti et à droite prêchant dans le Bois de la Grâce.    

Au centre, derrière l'autel, est présentée une belle Vierge à l'Enfant, assise, en bois polychrome du XVIIe siècle.



ND Lanvenec

Appelée Notre Dame de Lanvénec, c'est la patronne de l'église. Elle est encadrée sur les parois du chœur de deux statues en plâtre de la fin du XIXe.



Ste Anne
Sainte Anne et sa fille Marie
St Joseph
Saint Joseph


    Une superbe Pietà en bois polychrome du XVIIe siècle orne la paroi nord du chœur. Le visage de la Vierge est tout empreint de douleur et de dignité. C'est à coup sûr un véritable chef-d'œuvre.

Pietà
Détail


Les vitraux du chœur sont tous deux consacrés à la Vierge. Ils sont l'œuvre de l'atelier du maître verrier Emmanuel Rault, à Rennes et datent du début du XXe siècle.



Ste Anne
Assomption de la Vierge
St Joseph
Couronnement de la Vierge



Le transept :

Les deux ailes du transept présentent aussi des éléments intéressants.



Aile nord
Aile nord du transept

Aile sud
Aile sud

On y découvre d'abord deux beaux confessionnaux identiques.

Confessionnal

    Se faisant face, les deux vitraux se rapportent à la légende de Saint Sané.



Vitrail nord
Notre Dame de Lanvenec apparaît entre
les deux pierres christianisées
Vitrail sud
Saint Sané évangélise la population
 


Les trois statues de l'aile nord attirent particulièrement l'attention.



St Michel
Saint Georges ( ? ) terrasse un païen
Ecce Homo
Ecce Homo : Christ aux liens


  

Dans les églises de Brélès et de Tréouergat, les statues dites de l'archange Saint Michel terrassant un dragon représentent vraisemblablement Saint Georges combattant un monstre à visage humain. Il en est sans doute de même ici car le monstre n'a rien d'un dragon et l'archange, si c'est bien lui, est vêtu comme un centurion romain. Mais l'écu ne portant pas la croix de Saint Georges, cette détermination reste discutable.

La statue du Christ le représente lorsqu'il est livré à la foule après son jugement. Ces deux œuvres en bois polychrome datent du XVIIe siècle.

La troisième statue, en bois polychrome de la même époque, représente Sainte Marie-Madeleine . D'une main elle montre le vase à parfum et de l'autre ses cheveux avec lesquels elle aurait oint les pieds du Christ.


Marie-Madeleine

    En face, dans l'aile sud, ce sont encore deux anciennes statues féminines qu'on ne manquera pas d'admirer et dont on voit la ressemblance. En bois polychrome, elles sortent sans doute du même atelier et dateraient du XVIIe siècle .



ND Lanvenec
Notre Dame de Lanvénec
tenant l'Enfant Jésus dans les bras
et foulant aux pieds le serpent tentateur
 
Ecce Homo
Sainte Marguerite d'Antioche
Vierge martyre du IVe siècle
foulant aux pieds le dragon du Mal
qui l'avait avalée


  

En quittant l'enclos, on pourra jeter un coup d'œil sur le calvaire mutilé qui en marque la sortie. On y reconnaît le Christ aux liens déjà représenté à l'intérieur de l'église.

calvaire


-1- Voir la page de ce site : ( Les gardiennes de la place de la Mairie )

Yannick Loukianoff



EN SAVOIR PLUS

"Nouveau répertoire des églises et chapelles"
René Couffon, Alfred Le Bars, Diocèse de Quimper et de Léon,
Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p



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