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L'église Saint-Pierre-aux-liens de Lamber

( Commune de Ploumoguer )





GPS : 48°24'58.9 N   4°40'47.6 W




L'église de Lamber

Accès: De St-Renan, prendre la D67 en direction du Conquet et tourner à droite vers Ploumoguer. Prendre ensuite la deuxième route à droite vers Lamber. Stationner au pied de l'église.
De Ploumoguer, prendre la route de St-Renan puis la première à gauche, juste après une rangée d'arbres. Continuer sur 2,5 km jusqu'à l'église.


    Lamber, qui fut autrefois une trève de la paroisse de Ploumoguer, est une paroisse autonome depuis 1842. Pendant la Révolution ce fut même une commune à part entière. Son nom breton est « Lann Per », c'est-à-dire « Monastère de Pierre ». Selon la tradition, au début du VIe siècle, Saint Pol Aurélien débarqua de Grande Bretagne à Ouessant, puis à Lampaul-Plouarzel où il fonda le monastère du Prieuré. Il passa ensuite à Lamber et confia à l'un de ses disciples appelé Pierre le soin d'y diriger une nouvelle communauté. Pol Aurélien séjourna ensuite à Lampaul-Ploudalmézeau puis à Kastell-Paul, aujourd'hui St-Pol-de-Léon, dont il fut le premier évêque. Le monastère de Lamber était sans doute situé de l'autre côté de la fontaine. Les restes d'un bâtiment à couloir central y furent retrouvés en 1930.
    L'église actuelle est dédiée à l'apôtre Saint Pierre. Il s'agit vraisemblablement d'une confusion entre le disciple du Christ et le fondateur du monastère qui portait le même prénom. L'édifice date du XIe siècle, mais a subi d'importants remaniements. La fontaine, que surveille une petite statuette de Saint Pierre, pourrait avoir déjà fait l'objet d'un culte bien avant d'être christianisée.

Le St Pierre de la fontaine

   Le porche d'entrée de l'église montre quelques motifs sculptés, à droite desquels on lit la date de 1642.

Le porche


    Au second étage du clocher, c'est la date de 1690 qui apparaît. En fait, le clocher tout entier provient de la chapelle St-Sébastien de St-Renan qui tombait en ruines. Il fut acheté par Ploumoguer en 1839, démonté pierre par pierre et remonté à Lamber. Avec ses deux étages de cloches surplombant sa galerie, il ressemble au clocher de Ploumoguer. Dépassant de la toiture de la nef, un inhabituel petit clocheton héberge l'horloge. Il est évidemment antérieur à l'érection du clocher.

Le clocher


    La nef comporte 5 travées. D'épais piliers de section carrée, biseautés par la suite, et supportant des arcs romans la séparent des bas-côtés. Toute cette partie de l'édifice date du XIe siècle et fait de l'église de Lamber la plus ancienne du Léon.



    Sur certains piliers on distingue des fresques qui sont apparues sous la couche de chaux lors de travaux en 1992. Elles pouraient dater du XIVe siècle. De nos jours, une restauration bien conduite en révélerait sans doute de nouvelles.







Quatrième pilier nord, face ouest :
en haut, le visage d'un saint martyr non identifié.
Trois gouttes de sang sortent de sa bouche.




Quatrième pilier nord, face sud :
visage d'un célébrant
( flèche verte sur l'image précédente )


  Toutes ces parties de fresques apparaissent dans un cadre. On y distingue des fragments du blason des Mescouez, seigneurs de l'ancien manoir voisin, qui s'illustrèrent pendant la Guerre de Cent Ans.


Derrière le maître-autel, on peut admirer un joli tabernacle de la fin du XVIIe siècle, à colonnettes torses. On remarquera qu'exceptionnellement c'est Saint Pierre, et non le Christ, qui figure au centre sur la porte. La flagellation et le couronnement d'épines sont représentés de part et d'autre.




La logette inférieure contient les saintes huiles




   Les statues de Saint Pierre aux liens et de la Vierge Marie le surplombent.




    Les bas-côtés accueillent deux autels du XIXe siècle dédiés l'un au Sacré-Cœur, l'autre à la Vierge.

Les vitraux du chœur

    De facture très classique, il ont été réalisés en 1930 par Luc Fournier, maître-verrier à Tours.


La Trinité

  

Couronnement de la Vierge au ciel

Délivrance de l'apôtre Pierre par un ange


Les vitraux des bas-côtés

   Les autres vitraux de l'église, très modernes, sont absolument remarquables. Ils ont été réalisés en 1954 par le maître-verrier Job Guével, de Pont-Aven qui utilisait la technique de la dalle de verre. Les fragments de verre, éclatés, sont inclus dans un ciment épais d'environ 3 cm. Sa femme, Léa, en imaginait les dessins et la composition. Les deux artistes s'étaient connus à l'Ecole des Beaux-Arts.


On lit, en breton, « Voici la maison de Dieu et la porte du ciel »


« Le coq chanta et Pierre pleura »

« 1854-1954. Marie, Mère de Dieu et Mère des hommes »



« Désormais tu seras pêcheur des hommes »

« Tu es Pierre, et sur cette pierre... »



« L'église de Rome, la mère de toutes les églises »

A l'extérieur de l'église on ne manquera pas de jeter un coup d'œil sur le calvaire du cimetière ainsi que sur la monumentale croix monolithique dressée sur un monticule de pierres. Cette superbe croix était placée à l'origine contre le mur du presbytère.


La petite église de Lamber, dans son écrin de verdure, cache ainsi plusieurs éléments intéressants, parmi lesquels les plus importants sont sans doute ses fresques médiévales qui pourraient être l'œuvre de la communauté religieuse vivant ici autrefois. A défaut de les comprendre, car elles sont encore trop fragmentaires, le visiteur se doit de les respecter comme de vénérables vestiges historiques.





EN SAVOIR PLUS



Yves-Pascal CASTEL: Le charme d'un discret enclos paroissial in Découverte de la Bretagne, Ploumoguer, l'église de Lamber, article du Progrès de Cornouaille/Courrier du Léon, 27-11-1993.   Lire l'article




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