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La batterie de Toul Logot

( Commune de Plougonvelin )

Le lieu-dit Toul al Logot porte un nom breton qui signifie Trou de souris




GPS : 48°21'12.9 N   4°41'05 W






Accès : Entre Brest et Le Conquet, sur la D789, après avoir traversé Kerfily, la route fait une grande descente puis une montée suivie d'un virage à droite. Après celui-ci, prendre la première route à gauche et continuer tout droit jusqu'au parking entourant le Mémorial aux F.F.I.
   Depuis Le Conquet, sur la route de Brest, dépasser le second giratoire, et après le premier tournant s'engager dans la seconde petite route à droite puis la suivre jusqu'au parking.
   Stationner là et prendre à pied le GR 34 sur la gauche. Il ne longe pas la mer mais contourne une propriété. Après celle-ci, suivre à droite le chemin côtier. A 100 m on traverse la batterie.

   Ce site remarquable, propriété du Conseil Général du Finistère, bénéficie d'une admirable vue sur l'immense espace maritime où attendaient autrefois les voiliers espérant obtenir un vent favorable pour s'engager dans le Goulet jusqu'à la rade de Brest.
Depuis ce promontoire, une batterie de canons pouvait facilement tirer sur des navires ennemis et l'on en comprend toute l'importance dans la défense du port militaire.



L'histoire de Toul Logot est résumée sur le site du Conseil Général du Finistère.
   C'est à l'association PHASE, de Plougonvelin, que l'on doit la résurrection de cet ensemble militaire du XVIIe siècle dont les ruines dormaient sous une épaisse couche de broussailles depuis plus de 150 ans. On trouvera sur le
site de PHASE tous les détails concernant les recherches documentaires, les opérations de débroussaillage et les fouilles qui se sont déroulées en 2009 et 2010 pour une inauguration des restes consolidés de la batterie en 2013.

Ces restes comprennent plusieurs parties :
- une terrasse d'artillerie
- la base d'une guérite de surveillance
- un magasin à poudre
- une maison de corps de garde
- une zone annexe avec jardin et carrière.

Les fouilles ont révélé que les ruines avaient servi de terrain d'exercice et même de cible pour les troupes allemandes pendant l'Occupation. Des travaux plus récents les ont aussi partiellement détériorées lors du traçage du chemin côtier.

La terrasse d'artillerie


Panneau du Conseil Général du Finistère, illustré par Véronique BARDEL
On peut toutefois supposer que les canons utilisés étaient de beaucoup plus gros calibre
que ceux des canons de marine représentés ici




La terrasse d'artillerie aujourd'hui :
Derrière la rambarde, un mur de pierre protège son talus.
Au premier plan, ce qui reste de la guérite de surveillance.




Reconstitution d'un canon et de son affût à Lanildut

Sur cette plate-forme, 4 à 6 canons étaient installés. Beaucoup plus impressionnant que celui des canons embarqués à bord des navires, leur énorme affût de côte pouvait aisément pivoter en roulant sur des poutres enfouies dans le sol. Ainsi que l'indique le panneau ci-dessous, leur tir puissant pouvait transpercer à 600 m une coque en chêne de 60 cm d'épaisseur. Plus redoutables encore, des boulets chauffés au rouge étaient tirés sur les voiliers ennemis afin de les incendier.





Dessin de Véronique Bardel

  La guérite de surveillance

Bien qu'il n'en subsiste plus guère que la base, on peut avoir une idée de cette petite construction grâce à celle qui demeure encore sur la côte auprès du Conquet.


La guérite du Bilou au Conquet

  Le magasin à poudre






Des murs épais et une robuste toiture en pierre mettaient à l'abri des tirs ennemis
les précieuses réserves de poudre.


    Ce solide bâtiment a pourtant été très dégradé. A l'intérieur un dessin en reconstitue l'allure générale. Un plancher étanche devait isoler les barils de poudre de l'humidité du sol.

Le corps de garde




Dessin de Véronique Bardel

  Ce bâtiment, en temps de paix, était le logement du gardien de la batterie. En temps de guerre, il fallait y héberger aussi les servants des canons, soit une trentaine de miliciens gardes-côtes. Des couchettes étaient alors installées au rez-de-chaussée, des hamacs suspendus à l'étage, tandis que des lits de camp sous tente étaient montés à l'extérieur.


    Cette batterie n'était évidemment pas la seule le long du littoral et les tirs se croisaient afin de les rendre plus efficaces. La milice garde-côtes, le plus souvent composée d'habitants de la région, avait ainsi un rôle essentiel lors des conflits. Le caractère obligatoire de son recrutement, en forçant les paysans à abandonner leur travail aux champs, explique son impopularité. Toutefois ce sont les progrès de l'artillerie qui rendirent obsolète la batterie de Toul Logot. Elle fut abandonnée par l'Armée et vendue en 1857.

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EN SAVOIR PLUS :


Nicolas Meynen ( dir )
Presses Universitaires de Rennes 2010


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