Le phare de Trézien


( Commune de Plouarzel )







Visite possible seulement à certains moments de l'année ( voir l'article en bas de page ).
Se renseigner auprès de l'Office de Tourisme
au 02 98 89 69 46



GPS : 48°25'25.6 N   4°46'42.0 W




Accès :  Le phare de Trézien est situé dans les terres, à 500 m du rivage. On y accède à partir de la D28 à la sortie de Plouarzel vers Le Conquet : au rond-point prendre la direction de Trézien et continuer sur cette route. Puis, 2,5 km après les éoliennes, tourner à droite au fléchage "Phare de Trézien". Stationner à 200 m, à gauche, dans le parking situé juste après l'allée du phare.

Une exposition dans la maison du gardien

   Au pied du phare1, la maison de gardiennage accueille le visiteur en lui présentant d'abord une série de 15 panneaux explicatifs sur le balisage du chenal du Four. Ces panneaux, élaborés conjointement par le Parc naturel marin d'Iroise, les Phares et balises ainsi que la commune de Plouarzel, sont complétés par des vitrines montrant les différents systèmes d'éclairage qui ont successivement été utilisés à Trézien.
   Le chenal du Four est la partie navigable de la mer d'Iroise située entre la côte et l'île de Béniguet. Il se prolonge jusqu'à la Manche et présente de nombreux dangers : un courant puissant qui s'inverse avec la marée, des centaines d'écueils souvent responsables de naufrages, sans compter un vent parfois très violent qu'a toujours redouté en particulier la marine à voile. L'archipel de Molène n'étant pas parallèle à la côte, un autre chenal, celui de la Helle, s'y dirige. Depuis l'Antiquité, les navires ont toujours suivi le chenal du Four pour rallier la Manche et la mer du Nord. Par rapport à la voie maritime passant au large de l'archipel, cette route leur faisait gagner un temps précieux. D'où la nécessité de la sécuriser.



   C'est après l'échouage d'un torpilleur de la Marine, que l'Etat décida de faire édifier un phare à cet emplacement. Le bâtiment fut inauguré en 1894. Avec une hauteur de 37,20 m et une portée de 23 milles ( 40 km ), le phare de Trézien permet aux marins d'effectuer dès la pointe de Pen Hir un alignement avec le phare de Kermorvan afin de suivre avec certitude la première partie de la voie dépourvue d'écueils du chenal du Four. Au large de Trézien, il leur faut changer d'alignement.




La visite du phare

Un escalier de 182 marches de pierre conduit à son sommet. On reconnaît les deux variétés de granite communes dans la région : Le granite porphyroïde à gros cristaux de feldspath blanc de Plouarzel et surtout celui à gros cristaux de feldspath rose que les carriers appellent "granite de Laber" ( granite de l'Aber Ildut ). Ces pierres superbes présentent aussi de nombreuses inclusions de mica noir ( biotite )2.




Les marches s'appuient sur un épais mur de briques qui occupe l'espace situé entre les moëllons extérieurs et l'escalier. Cet espace se rétrécit jusqu'au sommet afin de donner à la tour sa forme tronconique.
De petites fenêtres éclairent l'escalier. Elles permettent au visiteur de se ménager quelques pauses pendant l'ascension.


Plan de 1891

Une galerie en saillie a été construite au sommet. De ce balcon on découvre un magnifique panorama à 360° et une plongée vertigineuse du regard sur le pied du monument.









  De là-haut, les gardiens surveillaient donc la navigation. Pas seulement d'ailleurs, puisqu'on raconte que, parfois, ils aidaient les paysans à retrouver leurs animaux égarés, et aussi le recteur3 de la paroisse à savoir quelles étaient ses brebis, sans doute égarées elles aussi, qui travaillaient encore aux champs le dimanche au lieu d'aller à la messe...
Pendant l'Occupation, un obus tiré par les Allemands depuis la batterie de Kéringar, à Plougonvelin, détruisit une partie du phare. On dut remplacer 35 marches par une échelle en bois, mais le service ne fut pas interrompu.

L'éclairage

   Le visiteur est toujours surpris par la taille réduite du système d'éclairage. Alors qu'on utilisait autrefois une énorme lampe à vapeur de pétrole qui occupa beaucoup de place jusqu'à l'électrification en 1963, une petite ampoule halogène suffit aujourd'hui.
Devant elle, est placée une optique de Fresnel concentrant la lumière vers l'horizon.
Automatisé en 1986, le phare produit un éclat blanc par seconde : 2 sont brefs, le troisième est long.



Le retour au niveau du sol ne présente pas de difficulté particulière. On retiendra cependant les enfants, toujours prêts à devancer les adultes au risque de rater une marche... puis peut-être beaucoup d'autres sur les 182 que compte l'escalier.
On reviendra voir ce phare sympathique en famille ou avec des amis. Il y est parfois organisé des animations pleines de sensations fortes, comme des courses ou de la varape le long de la paroi extérieure.

   Et si, du haut de la galerie, vous apercevez un dimanche matin un tracteur en plein travail dans un champ, tournez donc sagement votre regard vers la mer : la vue y est si belle...

Yannick Loukianoff

-1- La différence entre un "phare" et un "feu" est expliquée sur notre page consacrée au feu de Lochrist au Conquet.

-2- Voir sur ce site la carte de répartition de ces granites exceptionnels sur la page consacrée à la carrière de Kerglonou.

-3- En Bretagne: curé.





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