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Mazou, le petit port aux poteaux


( Commune de Porspoder )





Stationnement voitures : 48°29'31.9 N   4°46'28.2 W
Autres véhicules : 48°29'31.3 N   4°46'37.0 W





Accès :   Sur la D 27, dans le sens Nord-Sud, 2 km après le bourg de Porspoder et avant le port de Melon, prendre à droite une route fléchée «Port de Mazou». Tourner à gauche vers le hameau de Mazou et stationner tout au bout de cette route.
Véhicules plus importants : Demi-tour difficile voire impossible dans le hameau de Mazou. La route, étroite, est en cul-de-sac. Stationner plutôt près du carrefour au bout de la route venant de la D 27, ou prendre la première petite route ( route de Quilvit ), en face, menant vers la mer. On aboutit à une pointe où l'espace est plus vaste pour effectuer un demi-tour et d'où le panorama est superbe.


  C'est un petit port cerné de rochers, face à l'îlot de Melon, et bien à l'abri des fortes houles. Le promeneur qui suit le GR34 le traverse pour reprendre le même sentier de l'autre côté. Mais au passage il s'arrête souvent, interloqué : à quoi servent donc ces poteaux verticaux qui sortent de l'eau ?



Pour en avoir le cœur net, approchons-nous d'eux à marée basse.



   Ces poteaux de 6 à 8 m de hauteur sont justement ce qui fait l'originalité de ce petit port niché au pied de quelques anciennes maisons de goémoniers. Ils servent tout simplement à amarrer les bateaux. Ce système, vieux comme le monde, est traditionnel dans les pays nordiques. On ne le rencontre plus qu'en deux endroits en Bretagne : au port de Gwin Zegal, dans la commune de Plouha, dans les Côtes d'Armor, et ici à Mazou.



   Autrefois, on choisissait un orme, plus rarement un chêne, au tronc bien droit que l'on ébranchait, et on le plantait avec ses racines raccourcies dans un large trou d'un mètre de profondeur creusé dans le sable. Puis on recouvrait les racines de grosses pierres déplacées à la barre à mine et on calait le tronc à l'aide de plusieurs gros blocs de roche. Un poteau durait en moyenne une dizaine d'années.
Lorsqu'il était rongé par la mer à sa base, et si sa longueur le permettait, il pouvait être raccourci et replanté. Mais il fallait alors remplacer les racines par des croisillons en inox qui étaient boulonnés sur le bois.
  On fixe toujours sur le poteau une grosse chaîne de 5 à 6 m de longueur à une hauteur de 2 à 3 m afin d'y amarrer les bateaux à l'aide d'une manille.
  Pendant un temps on a pris l'habitude de remplacer les troncs par d'anciens poteaux téléphoniques équipés des mêmes croisillons, mais on préfère aujourd'hui revenir à la méthode ancienne en y ajoutant les croisillons. La pelle mécanique a, bien entendu, remplacé la pelle et la pioche.


Remplacement d'un poteau à Mazou en 2014.
Photo Le Télégramme.

Et pour plus de sûreté on coule un peu de béton à leur pied. Ainsi la tradition est respectée, mais la technique évolue.



  Quant aux bateaux, ce ne sont plus ceux des goémoniers, ( ils furent ici une trentaine ), ni même des marins pêcheurs, mais ceux des plaisanciers qui s'amarrent ainsi, comme autrefois, un bout à l'avant et un autre à l'arrière, entre deux pieux.
  Et les habitants de la commune, bien conscients que cette tradition plusieurs fois séculaire appartient à leur patrimoine, tiennent par-dessus tout à la conserver.



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