Haude
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La fontaine Sainte-Haude


( Commune de Landunvez )





GPS du stationnement : 48°32'42 N  4°42'17 W




Accès : Sur la D68, allant de St-Renan à Argenton, dépasser le rond-point de Plourin et, toujours sur la même route, 3 km plus loin, tourner à droite vers Landunvez. Traverser ce bourg et continuer vers Kersaint. A 2 km, dès les premières maisons de Kersaint, prendre à droite la rue du Viaduc. puis la deuxième rue à droite ( fléchage « Fontaine de Sainte Haude » ). Stationner à 300m, là où s'arrête la chaussée goudronnée et poursuivre à pied dans le chemin qui prolonge la route. 200m plus loin, ( panneau de lave émaillée ) prendre à gauche le sentier menant à la fontaine toute proche. Attention, l'accès à la fontaine est assez boueux en période de pluies.



    La fontaine Sainte-Haude est une source aménagée dans un charmant site boisé, loin de toute habitation.



Un petit bassin permet de recueillir l'eau directement à la source et de remplir des récipients.
Une rigole en pierre dirige ensuite le liquide vers un lavoir assez fruste bordé de quelques larges dalles. La première, sur le côté droit, est en fait une stèle gauloise qui, couchée, a trouvé ici une nouvelle utilisation.



On remarque que la rigole alimentant le lavoir traverse auparavant un petit bassin circulaire. Le visiteur s'interroge surtout sur la raison de la présence d'un lavoir dans un lieu aussi éloigné de toute habitation. Mais il n'en a pas toujours été ainsi.



Une légende tragique :


  Quelque temps après la fin du règne de Clovis, le seigneur Golon de Trémazan, près de Kersaint, aurait eu deux enfants : une fille, Haude, et un garçon Gurguy. A la mort de son épouse, il se serait remarié avec une Anglaise et la belle-mère aurait particulièrement maltraité ces enfants qui n'étaient pas les siens. Gurguy se serait réfugié à la cour du roi Childebert, et Haude, très pieuse, aurait été placée dans une ferme où son plaisir était de s'adonner à la prière.
Cependant la marâtre répandait des mensonges sur la jeune fille, l'accusant de mener une vie de débauchée. De retour après douze ans d'absence, Gurguy crut naïvement en ces rumeurs, et se précipita à la ferme. Sa sœur lavait du linge à la source. Il s'y rendit et de son épée la décapita. C'était, paraît-il, le 18 novembre 545. Regardez un calendrier, le 18 novembre est le jour de la Ste Aude ( sans H, mais c'est bien la même personne). Et quel saint fête-t-on le lendemain ?


Sainte Haude. Chapelle de Kersaint à Landunvez.


  Dans la soirée, au château, un miracle s'accomplit : on vit venir Haude, tenant sa tête dans ses mains 1. Elle la replaça sur son cou et accusa sa belle-mère d'être la cause de sa mort. La marâtre nia cette accusation, mais périt foudroyée sur-le-champ.


Extrait de R.P.Albert LE GRAND : « Les vies des saincts de la Bretaigne armorique ».1637.
Ed. J.Salaün, Quimper 1901.
Dans le texte ci-dessus, le mot « carreau » désigne la foudre.
L'auteur la compare à un carreau d'arbalète ( une flèche ).



  Quant à Gurguy, pardonné par sa sœur et pris de remords, il se réfugia auprès de Saint Pol Aurélien, évêque du Léon, fit pénitence pendant quarante jours, prit le nom de « Tanguy »2 et expia son crime en fondant l'abbaye de Saint-Mathieu. Il fut vénéré plus tard sous le nom de Saint Tanguy. Plusieurs seigneurs du château de Trémazan portèrent ensuite le prénom de Tanguy. Et voilà pourquoi vous trouvez son nom sur le calendrier le 1endemain de la fête de sa sœur.


Saint Tanguy. Chapelle de Kersaint. à Landunvez.



    Il n'est pas étonnant qu'une telle légende confère à cette source un caractère sacré. Le petit bassin circulaire traversé par la rigole serait la trace laissée dans la pierre par la tête d'Haude. L'eau de la source guérirait aussi les verrues: il suffirait de jeter une épingle dans le petit bassin puis de la reprendre pour percer la verrue que l'on désire faire disparaître.
    On dit encore qu'autour de ce site fabuleux, comme dans les ruines du donjon seigneurial, des violiers rouges s'épanouissent chaque année pour rappeler le crime qui fut commis voici un millénaire et demi.


Le violier, ou giroflée des murailles, prend parfois des teintes rouge vif.



    La légende, très ancienne, est reproduite dans un texte du seigneur de Trémazan, daté du XVe siècle, destiné à prouver son ascendance avec une famille de saints.

  Il est probable que la source, comme bien d'autres, ait été connue de tout temps et déjà vénérée par les habitants avant que le christianisme n'en fasse, grâce à la légende, une fontaine sacrée. Quoi qu'il en soit, c'est un site modeste et plein de charme qui mérite d'être mieux connu.


-1- Un personnage qui, après avoir subi une décapitation, est représenté portant sa tête dans ses mains est dit « céphalophore » ( du grec képhalé, la tête, et phéreïn, porter ). C'est le cas d'une centaine de saints en France, parmi lesquels le plus célèbre est sans doute Saint Denis, sur la tombe duquel fut élévée la basilique des rois de France. La plupart de ces personnages sont censés avoir vécu, comme Sainte Haude, à l'époque mérovingienne. Dans l'Ouest on vénère ainsi, outre Sainte Haude à Landunvez, Sainte Noyale à Noyal-Pontivy, Sainte Tréphine à Pontivy, Saint Gohard à Nantes et à Angers, Saint Trémeur à Carhaix et Saint Miliau à Guimiliau.

-2- On dit que ce fut Saint Pol Aurélien lui-même qui appela Gurguy « Tanguy » car il lui était apparu auréolé d'un cercle de feu. Et « tan », en breton, veut dire feu.



EN SAVOIR PLUS



L'association « Les Amis de Saint Mathieu » a édité ce petit fascicule de 32 pages, joliment illustré d'aquarelles
de J-P.Guiriec, qui donne en intégralité le texte
du R.P. Le Grand se rapportant à la légende.
Il est en vente au musée de St-Mathieu.

Imprimez l'itinéraire ci-dessous pour découvrir d'autres lieux rappelant cette légende :

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Recto


Verso





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