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La recherche de l'étain à St-Renan

Commune de Saint-Renan




Accès: Prendre la rue du Pont-de-Bois vers l'ouest dans la direction de Brélès et stationner à 30m après le rond-point sur le parking situé face aux Meubles Thomas. Derrière ce magasin commence le sentier piétonnier qui fait le tour du lac. Il faut s'engager dans ce chemin et juste après le pont descendre à droite dans l'espace d'expositions appelé la Prairie bleue.



GPS du stationnement : 48°26'08.1 N  4°37'20.0  W



  La mairie de St-Renan a installé là une enfilade de panneaux explicatifs élaborés par le Musée du Ponant de St-Renan. On y apprend de quelle manière s'est opérée une extraction minière historique qui a donné naissance à cinq lacs et profondément transformé le paysage de la commune.



Une origine lointaine :

  L'Aber Ildut, qui coule auprès de ces panneaux, n'a pas toujours été la modeste rivière alimentant aujourd'hui les lacs de St-Renan. Au tertiaire, c'était un fleuve au débit impétueux qui recevait l'Aulne, l'Elorn et la Penfeld, creusant sur son parcours un lit profond. Au cours des millions d'années qui suivirent, bloquées non loin d'ici par un haut-fond de la vallée, des alluvions issues de la dégradation du granite stanifère des Monts d'Arrée et des Montagnes Noires se sont déposées.



Avec la montée du niveau des océans, la vaste étendue qui constitue aujourd'hui la rade de Brest s'ouvrit vers la mer, détournant ainsi les trois rivières qui formaient principalement l'Aber Ildut. Le puissant fleuve devint alors une modeste rivière serpentant ici dans une vaste zone de marécages.
  Dans l'Antiquité, dès 1500 avant J.C., les alluvions furent exploitées pour leur teneur en cassitérite, le minerai d'étain indispensable à la fabrication du bronze. L'exportation de ce minerai vers les ports méditerranéens fit l'objet d'un important commerce. Cette exploitation dura jusqu'à la fin de l'Empire romain.



Un paysage minier:


  En 1957, à la recherche de minerai d'uranium, l'industriel Charles Pavot redécouvrit la richesse en minerai d'étain de ces alluvions marécageuses. La cassitérite de St-Renan était pure à 75%. Il créa alors la société COMIREN ( COmpagnie MInière de Saint-RENan ) et obtint l'autorisation d'ouvrir une exploitation minière. De 1960 à 1975 le fond des marécages du cours de l'Aber Ildut fut dragué sur une épaisseur d'une dizaine de mètres, faisant de St-Renan la capitale européenne de l'étain.









La cassitérite obtenue se présentait sous la forme de granulats de couleur noire qu'il fallait fondre pour obtenir des lingots d'étain. Aucune fonderie en France n'était spécialisée dans ce processus et le minerai dut être envoyé en Espagne pour obtenir le métal.





Dans une salle du Musée du Ponant où un échantillon de cassitérite est exposé, un film explique aux visiteurs comment se sont déroulés les travaux de la COMIREN. Ce document unique, commenté par Charles Pavot lui-même, est aussi une véritable pièce de musée.



Charles Pavot est au centre du trio qui figure en bas, à droite sur ce panneau1.

Une ville transformée :

  Le creusement des marécages a eu pour effet leur asséchement, et au creux des dépressions l'Aber Ildut forma cinq lacs importants. Tout le paysage était bouleversé. Dès lors il fallait en tirer partie. Le terrain asséché reçut rapidement des équipements collectifs et des zones commerciales. Les lacs les plus proches du centre-ville furent dotés de sentiers de contournement et devinrent l'un un plan d'eau destiné aux loisirs, l'autre un lieu de découverte de la nature et de promenade.







On a là l'exemple d'une transformation paysagère réussie qui a apporté à la ville un réel avantage attractif à l'origine de son récent développement.




-1- Charles Pavot ( 1920 - 2009 ) commença en 1940 une carrière dans la Marine nationale, mais il dut l'interrompre pour raison de santé. En 1948, au décès de son père, il lui succéda pendant dix ans à la tête des usines d'iode du Conquet, d'Argenton et de Plouguerneau. Très actif, il ne borna pas son intérêt à la seule extraction d'iode puis d'étain. Les sables et les gravillons constituaient aussi pour lui des productions importantes. Après ses activités minières, il se tourna vers des travaux portuaires à La Trinité-sur-mer et dans le Midi, puis des opérations commerciales en Afrique équatoriale.
D'abord conseiller municipal, il devint maire de Landunvez de 1959 à 1971 où on lui doit l'ouverture de la superbe route littorale entre Argenton et Kersaint. Il fut ensuite maire de Porspoder de 1977 à 1995.
Il en demeura maire honoraire et publia ses mémoires en 2008 sous le titre « Episodes d'une vie ordinaire » aux Editions Ecrima.



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