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Le manoir de Bel Air


( Commune de Brélès )


Classé Monument Historique le 9 septembre 1993

Propriété privée.
Extérieurs ouverts à la visite
pendant la période estivale ou sur rendez-vous.



GPS : 48°28'32.8 N 4°43'44.2 W




   Ce bâtiment n'est sans doute pas le premier à avoir été construit sur ce site. Une légende nomme cet emplacement Kastell Meriadec, l'attribuant ainsi au premier roi de Bretagne Conan Meriadec dès la fin du IVe siècle. Mais rien n'atteste l'authenticité de cette légende, ni, du reste, celle de ce Conan Meriadec qui aurait été l'un des amis du futur empereur Maxime débarquant de Grande Bretagne en 383 pour détrôner l'empereur romain d'Occident Gratien. On sait cependant qu'au XVe siècle une maison noble a précédé le manoir actuel, qui, lui, date de 1599.



Sur ce cartouche que l'on peut voir sur la façade
donnant dans la cour d'entrée, on lit :
PRIES P FRAN KENGAR q MA FACT FARE ET BEL AIR MA NOMEE 1599
("Priez pour François de Kerengar qui m'a fait faire et Bel Air m'a nommée. 1599")


    L'édifice a donc été construit par François de Kerengar et son nom de Bel Air provient soit de celui d'une grande aire de battage, soit de celui d'un élargissement de la rivière Aber Ildut, Porzh an Or Gaer ( anse de la Belle Aire ) qui s'étend au pied du manoir. Ce cours d'eau forme un aber, de tout temps choisi comme abri pour la navigation. On a trouvé dans cette anse en 1933 une superbe épée en bronze vieille de 3000 ans qui pourrait se rapporter au commerce de l'étain armoricain.


L'épée de Bel Air . Musée de la Préhistoire, Penmarc'h.

    La façade arrière du manoir est encore protégée par un fossé peu profond au-dessus duquel il est possible qu'un petit pont-levis ait permis d'accéder à la porte centrale.



Les ouvertures sont petites. A chaque angle du mur une échauguette permet de surveiller l'accès ainsi que les passages sur la rivière.




Vue prise en 2015. On aperçoit près de la porte de la cave l'orifice d'un ancien four à pain aujourd'hui restauré.



  Une cale et un quai garni de quatre canons donnent sur l'anse de la Belle Aire. Ces canons, restaurés par un laboratoire spécialisé de Nantes, proviennent d'une épave, mais il est bien possible que le quai en ait été aussi doté autrefois. Sur la photo ci-dessus, la porte rouge ouvre sur les caves du manoir, un vaste espace qui permit d'entreposer divers produits commerciaux de cabotage comme le sel ou le vin de Bordeaux. Les seigneurs du lieu pratiquaient le commerce maritime et étaient sans doute des armateurs. Cette façade donnant sur la rivière était défendue par des archères et des meurtrières destinées à des couleuvrines.



    De succession en succession, le domaine passa des Kerengar aux Penancoët, puis aux Barbier de Lescoët et aux Clairambault qui le vendirent en 1810 à un ancien maître de barque nommé Tanguy Leostic. Son successeur, Ildut Bazil, en fit une usine de fabrication d'iode et de soude à partir du « tali » ( algues laminaires) récolté par les goémoniers. Un vétéran des armées napoléoniennes, le baron Grivel, l'acheta ensuite et son petit-fils le vendit au baron de Taisne dans la famille duquel il est encore aujourd'hui.



  Un porche, ouvert dans le mur Est, donne accès à la cour d'entrée traditionnelle. Trois bâtiments en U la délimitent. Malgré l'herbe qui pousse entre les pierres, elle est pavée comme dans la plupart des manoirs bretons. Il n'y manque que le puits central, mais on sait par les archives qu'une pompe était installée au nord-est. La porte principale est surmontée d'un fronton triangulaire à la grecque, typiquement de la Renaissance.


On aperçoit au-dessus de la seconde porte de la façade principale
l'écusson dédicaçant la construction.


  Le manoir de Bel Air possédait une chapelle située dans l'aile nord du bâtiment. Cette dépendance est désaffectée depuis fort longtemps, probablement depuis la Révolution, et a perdu ses éléments distinctifs.



  On remarquera, en quittant le domaine, l'imposant colombier, en bon état, qui trône dans une parcelle cultivée dont l'accès n'est pas autorisé.

La seigneurie a aussi possédé une chapelle aujourd'hui disparue et plusieurs moulins à eau dont les ruines de l'un d'eux sont visibles depuis la D27, tout près du lieu de stationnement.

***

Accès : Venant de St-Renan sur la D27, dans la direction de Lanildut, après Brélès stationner sur le parking juste après la seconde allée sur la gauche, fléchée « Auberge de Bel Air ». Continuer à pied dans cette allée et prendre la première allée à gauche. On arrive à l'arrière du manoir.

Le manoir de Bel Air est une propriété privée. Les extérieurs sont ouverts à la visite pendant la période estivale.


Renseignements :   manoir.belair@hotmail.fr

Merci à Hubert BRIANT qui a fourni la documentation historique, à Olivier MOAL qui a effectué de longues recherches dans les archives et à Michel MAUGUIN qui a produit une étude héraldique sur le territoire de la commune de Brélès et a bien voulu nous la communiquer pour la mettre ci-dessous à la disposition des internautes.



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